Epilogue

Interview sur RFI - Espace Océan avec Arielle CASSIM (format mp3 - taille 10 Mo - temps de téléchargement avec un ligne ADSL estimé à 8 mn)

Saint François, Guadeloupe – 7 jours après avoir touché terre

Somptueusement installés sur la terrasse de notre gîte 3 épis (nous avons décidé de mener une vie de luxe à partir de maintenant, à savoir lave-linge et lave-vaisselle) surplombant l’Océan, notre traversée s’éloigne paresseusement mais nous apparaît de plus en plus magique avec ces quelques jours de recul.

De l’extérieur, rien de bien changé hormis une silhouette de jeune homme (10 kgs en moins et le mollet discret), des cheveux longs (pour certains) et quelques cals résiduels aux mains.

A l’intérieur, des images et des sensations que nous gardons bien au chaud (pas bien difficile ici) pour les déguster avec vous tous à l’occasion.

Pour le moment, notre appétit ne se contente pas d’images et la dégustation se mesure davantage à la quantité qu’à la qualité. Nous mangeons (en réalité nous bouffons) toute la journée en arrosant le tout de Ti-punchs et bières, en se permettant en la matière une faible modération !

Résultat : nous sommes déjà en train de reprendre les kilos perdus, avec une modification probable de leur allocation si nous ne reprenons pas une activité sportive très rapidement. Les muscles de torse et épaules perdus en cours de traversée seront remplacés par une bouée abdominale qui nous aurait été du plus grand secours en mer en cas de chavirage, mais qui risque de nous ôter toute crédibilité quant à la dimension sportive de la traversée si nous rentrons en France sans y prêter attention.

L’état général est sinon très bon. Nous avons très vite récupéré de notre dette de sommeil et avons retrouvé un mode de déplacement rectiligne après quelques heures de zigzags inévitables au sortir de notre shaker flottant !

Le sommeil : parlons-en rapidement! Principal élément d’inconfort de cette traversée, nous attendions avec impatience cette première nuit. Mais nous étions également attendus avidement par une engeance locale : le moustique. Nous avons bien failli regretter l’inconfort de notre réduit nautique !! Mais quelques heures de récupération ont suffi pour recharger les batteries à bloc !

Par ailleurs notre retour à terre s’est accompagné des habituelles sollicitations médiatiques subies par les plus grands aventuriers. En une semaine, nous avons fait l’objet d’un entrefilet en 6éme page de France-Antilles, d’un passage radio fort sympathique de quelques minutes sur RFO Sport et de la signature d’un unique mais authentique autographe ! Ah, Notoriété quand tu nous tiens………

Plus sérieusement, nous avons bénéficié d’un accueil très chaleureux en Guadeloupe, qu’il s’agisse de la famille Marest, désormais bien connue du lecteur, de la capitainerie de Pointe à Pitre, des journalistes locaux et plus généralement de tous les Guadeloupéens et navigateurs que nous avons croisé sur et hors des pontons. Sans oublier les amis et membres de nos familles ayant fait le déplacement. Je crois que nous reviendrons et pas nécessairement en barque !

Pour l’heure, nous bouclons les formalités de sortie d’eau du bateau et embarquement sur un porte-conteneurs de la CMA-CGM à destination du Havre. Pas si simple ! Le monde de l’affrètement maritime ressemble au monde marin : le gros mange le petit. Après nous être faits croquer (certains y rajouteraient une syllabe) pour le retour de notre remorque depuis les Canaries (plus cher que la valeur de la remorque !!), nous bénéficions heureusement de contacts de confiance à la CMA-CGM de Pointe à Pitre qui devraient nous permettre de rapatrier le bateau dans d’excellentes conditions.

Sortie d’eau prévue le mercredi 7 mars à 8h00. Ce qui nous laissera 3 jours de farniente aux Saintes avant de retrouver les halls si accueillants de Roissy Charles de Gaulle le WE prochain.

Il va être difficile de quitter notre canot. Nous ne nous lassons pas de le regarder paisiblement amarré au ponton d’honneur de la marina, à la place même qu’occupait Gitana XI 3 mois auparavant. Il est si beau notre rafiot !! Drôle de coïncidence, nous avions croisé Lionel Lemonchois lors d’un stage « survie en mer » en octobre dernier.

Mais il faudra bien atterrir …. À Paris dans un premier temps….

Alors un grand merci à tous ceux qui ont partagé avec nous ce voyage dans l’espace !

- NAUSICAA et l’ANR en tant que partenaires

- MERALLIANCE, EUROMEZZANINE, WINNCARE, DURECU, la Ville de SARZEAU et GEOLINK en tant que soutiens financier et technique

- Notre team à terre qui nous a épaulé avec sympathie, simplicité et compétence, complété du team MAREST en Guadeloupe

- Les deux petites marraines d’Océanite, Alice et Océane, qui ont su apprivoiser la Providence

- Tous ceux qui ont déambulé sur notre site et envoyé une bouteille sur le net

- Et enfin notre Webmaster de choc, Bruno, qui a veillé sur nous et raconté nos tribulations pendant 51 jours et peut désormais éteindre son écran et reprendre une activité normale ….. (merci à Catherine de nous l’avoir prêté sans modération)

Merci à tous de nous avoir aidé et permis de vivre cette tranche de vie, de l’avoir partagée avec nous. Nous comprenons maintenant pourquoi les yeux de nos prédécesseurs (Anne, Peggy, Thierry, Serge, …) brillaient lorsque nous les faisions parler de leur traversée. Un Océan dans une vie c’est déjà marquant, à la force des bras (merci aux vents et aux courants) c’est d’une intensité extraordinaire.

Nous gardons dans nos têtes les moments de glisse par mer formée sous la voûte étoilée, un grain s’approchant au clair de lune……

Nous en deviendrions poètes, nous qui en sommes de piètres ……

Nous avons compris en tout état de cause pourquoi les marins sont superstitieux ………

Et continuent à rêver de traversées aussitôt le pied posé à terre !!